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Quel est le lien entre le focusing et le yoga ?


Par Christian Beaulieu


Qu’est-ce que le focusing et comment peut-il nous aider dans notre démarche yogique?

Avant de répondre à ces questions, permettez-moi de vous rappeler les fondements mêmes du yoga. Le but du yoga est avant tout un processus de transformation intérieure qui dans sa phase ultime nous assure la libération totale et définitive. Il y a environ 2500 ans, Patanjali a défini les huit membres du raja yoga comme étant : yama (cinq restrictions), niyama (cinq recommandations), asana (posture), pranayama (maîtrise du souffle), pratyahara (retrait et intériorisation des sens), dharana (concentration), dhyanam (méditation) et samadhi (état d’unité). Tout au long de ce processus de transformation intérieure, de nombreux obstacles se dressent devant nous.

En premier lieu, le mental doit être apaisé pour s’établir dans la conscience profonde. Puis vient le travail sur les samskaras (les conditionnements). Sans le travail sur les samskaras, le mental ne pourra jamais être pleinement maîtrisé. En effet, les samskaras ayant une emprise sur nous viennent réveiller des émotions, ou des désirs, qui, à leur tour, favorisent l’agitation du mental. Pour ceux et celles qui ne sont pas familiers avec les samskaras, nous pouvons les définir comme étant des modèles (patterns), des conditionnements reliés à nos expériences passées.

Dans la vie de tous les jours, ces conditionnements (samskaras) agissent en nous comme des automatismes qui nous empêchent d’être objectifs face aux évènements qui nous arrivent. Les samskaras réduisent notre capacité d’être créatif et spontanés et nous gardent prisonniers de comportements répétitifs. Bien entendu, il y a des samskaras positifs et des samskaras négatifs. Selon Kaushtub Désikachar, on ne peut pas « effacer » un samskara.

On peut cependant annuler le pouvoir qu’il exerce sur nous en adoptant de nouveaux comportements qui à leur tour deviendront des samskaras positifs. Il y a cependant une question importante à se poser : jusqu’à quel point sommes-nous conscients de nos samskaras? Dans sa démarche de transformation, un yogi arrivera assez aisément à identifier les conditionnements et les comportements qui en découlent nuisant à sa libération intérieure. Mais il arrive assez fréquemment que certains samskaras aient des racines profondes restant difficilement accessibles.

L’évolution de la psychologie moderne a bien identifié ce processus de clivage qui consiste à enfouir un souvenir douloureux derrière une cuirasse de protection nous empêchant ainsi de percevoir la réalité telle qu’elle est. Selon Patanjali, le fait de méditer longuement sur nos samskaras nous en révélera leur nature. Ainsi, le yogi persévérant qui accorde quotidiennement de longues heures de méditation aux samskaras arrivera éventuellement à comprendre leur origine. Heureusement, il existe un moyen de se faciliter la tâche : le focusing. Le focusing est un outil de connaissance de soi extraordinaire que l’on peut aisément associer au svadhyaya yoga (connaissance de soi).

Je pratique le yoga depuis la fin des années 70, et tout au long de ma démarche, j’ai régulièrement utilisé le focusing afin de dénouer des conditionnements qui avaient des racines profondes. Malgré une bonne lecture et une bonne compréhension de mes samskaras (du moins, je le croyais), certains d’entre eux gardaient leur emprise sur moi et me poussaient à adopter des comportements nuisibles, voire même destructeurs.

Avec l’aide du focusing, j’ai appris à déjouer les mécanismes de défense du mental afin de libérer des souvenirs et des émotions profondément enfouis en moi. Ce qui remonte à la surface est très révélateur et favorise une compréhension nouvelle et plus juste de la nature du samskara. De plus, il arrive souvent lors d’une séance de focusing que des émotions refoulées trouvent le chemin de la sortie. Il en résulte alors un bien-être et une paix profonde qui facilitent grandement la pratique du yoga.

Comment fonctionne le focusing et dans quelles circonstances peut-on l’utiliser?
Le focusing peut nous aider à plusieurs niveaux. En plus de mettre en lumière la nature de nos samskaras, il peut nous aider à gérer notre stress, à faciliter un processus de guérison, à retrouver un équilibre de vie, à développer notre intuition, à résoudre des situations conflictuelles, à trouver un emploi, à voir clair en nous-mêmes… Et plus encore!

Le processus est assez simple, il s’agit de contacter notre sagesse intérieure, une sagesse révélatrice de solutions qui conviennent aux dimensions intellectuelles, affectives et physiques de notre être. Un des rôles du thérapeute en focusing est de nous aider à déjouer le mental afin de libérer les samskaras qui nous empêchent d’accéder à notre nature véritable, notre sagesse intérieure (le Soi).

Comment cela se passe-t-il? Tout d’abord, le thérapeute prend le temps d’écouter notre besoin. Puis dans un climat de détente et d’intériorisation, il nous invite à contacter notre «sens corporel» relatif à la situation que nous voulons travailler. Le sens corporel est ce que nous ressentons dans notre corps lorsque nous pensons à une situation spécifique. Par exemple, si une personne vit une situation conflictuelle avec son patron, lors de la séance de focusing le thérapeute invitera cette personne à se remémorer la situation conflictuelle et à ressentir les sensations qu’elle éveille dans son corps. C’est ce qu’on appelle le sens corporel. Dans ce cas-ci, il en ressortira sûrement un malaise, un inconfort… Le thérapeute invite alors la personne à être plus précise et à définir quel genre de malaise. Cette étape s’appelle : nommer le sens corporel.

L’étape suivante consiste à interroger le sens corporel en lien avec la situation que l’on travaille. Dans notre exemple, si la personne se sent oppressée, nous lui demanderons alors de se poser la question intérieurement : « Qu’est-ce qui m’oppresse dans cette situation ? » En poursuivant le processus d’interrogation du sens corporel, il va y avoir de nouvelles sensations et /ou des images qui pourront refaire surface. Parfois, à partir d’un seul mot ou d’une seule image refaisant surface, on trouve la porte d’entrée qui donne accès à un samskara profondément enfoui. Le rôle du thérapeute est crucial. Il doit garder la personne en contact avec le sens corporel au-delà du mental.

Certaines personnes ont un mental très fort et bien articulé. Afin de diminuer la souffrance, elles se sont peu à peu coupées de leurs émotions pour se réfugier dans l’intellect. Elles sont ainsi prisonnières des samskaras négatifs qui continuent de répéter leurs modèles inlassablement! C’est pourquoi, pour certaines personnes, il est très difficile de faire un focusing par elles-mêmes. Le mental leur jouera des tours et les gardera sous son emprise. Elles auront alors de la difficulté à savoir si les réponses viennent du mental ou de leur sagesse intérieure.

Dès lors, le thérapeute qui nous accompagne doit être vigilant : sa présence et son écoute « expérientielle » sont déterminantes tout au long du processus. Il sera alors en mesure de « ressentir » si nous progressons dans la bonne direction ou si nous restons au niveau du mental. Si c’est le cas, il devra nous ramener constamment au sens corporel afin de déjouer le mental et de contacter ce qui est enfoui dans notre corps : notre mémoire corporelle (entre autres, les samskaras). Une fois cette mémoire corporelle contactée et libérée de ses contraintes, les solutions peuvent alors faire surface. Notre sagesse intérieure n’a plus d’entrave pour se révéler à nous. Les solutions qui émergent ne sont plus dictées par le mental qui du reste, tourne souvent en rond, mais viennent plutôt de l’espace en nous qui est « pure lumière » (le Soi).

Sommes-nous libérés pour autant des samskaras ?
Non, mais le fait de comprendre nos mécanismes et nos conditionnements en profondeur, le fait de libérer des émotions refoulées (s’il y a lieu), le fait de contacter notre sagesse intérieure et de mettre en pratique les solutions qu’elle nous proposent, facilitent grandement l’intégration de nouveaux samskaras positifs qui affaiblissent peu à peu les anciens samskaras négatifs. Le travail de transformation intérieure continue ainsi son cheminement au jour le jour à la lumière d’une meilleure compréhension de qui nous sommes et de notre rôle à jouer dans l’univers. Comme je vous le disais précédemment, le focusing a été déterminant dans mon cheminement spirituel. Sans l’intervention du focusing, j’aurais probablement encore des dépendances affectives face à mon père et ma mère (entre autres). Attentes irréalistes de l’enfant intérieur que l’adulte que je suis n’arrivait pas à identifier… Je constatais à travers mes mécanismes de compensation les conséquences de ces dépendances, mais les causes profondes me restaient inaccessibles. Avec l’aide du focusing, j’ai pu dénouer ces modèles et retrouver un équilibre dans ma vie. Mes séances de yoga en ont grandement bénéficié. Je ne fais plus le yoga pour combler un vide ou pour « performer », mais bien pour goûter pleinement le plaisir d’être ici et maintenant.

J’enseigne le yoga depuis 1983 et en 1991 j’ai fondé l’Institut holistique corps et âme où je forme des professeurs de yoga. Afin de permettre aux participants de découvrir cette merveilleuse technique, j’ai introduit dans le cadre de la formation, 3 journées thématiques entièrement consacrées au focusing (une journée au niveau I et deux journées au niveau II). C’est Francine Bergeron qui anime ces journées. Elle est thérapeute et formatrice en focusing depuis 1983 et c’est une animatrice exceptionnelle.

Pour en savoir plus sur le focusing et sur les activités de l’Institut holistique corps et âme, vous pouvez nous contacter au
514 849-1478.

 

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